Comment assurer la conformité du bois de réemploi aux normes de construction en vigueur ?

Les normes de construction en vigueur n’existent que pour le bois neuf. Elles exigent une classe mécanique pour le bois de structure. Cette classe mécanique est fournie par les fabricants d’éléments de bois d’œuvre. La méthodologie de caractérisation visuelle Restwood permet de définir la classe mécanique des éléments structurels en bois de réemploi et donc de le qualifier avec les mêmes garanties que pour le bois neuf.


Quelles sont les principales contraintes techniques pour utiliser du bois de réemploi dans une construction neuve ?

Les principales contraintes techniques liées à l’utilisation du bois de réemploi dans une construction neuve sont les suivantes :

  1. L’approvisionnement : identifier un gisement de bois adapté aux besoins spécifiques du projet et conforme au cahier des charges.

  2. La chaîne de partenaires : mobiliser des acteurs compétents pour assurer une dépose soigneuse, préparer le bois (tri, nettoyage, éventuelles transformations) et garantir sa bonne remise en œuvre dans le bâtiment neuf.

  3. La qualification et l’assurance : caractériser le bois de réemploi afin de démontrer sa qualité et convaincre le bureau de contrôle ainsi que l’assureur que la méthodologie mise en place offre des garanties suffisantes de sécurité et de fiabilité.

L’ambition de la future filière Restwood est de structurer un réseau territorial de professionnels formés à des méthodes communes, permettant ainsi de lever progressivement ces contraintes et de faciliter le développement à grande échelle du réemploi du bois dans la construction.


Quels sont les critères pour sélectionner du bois structurel de réemploi ?

Les critères sont principalement visuels : absence de pourriture, d’attaques de champignons lignivores ou d’insectes xylophages, de fentes de flaches ou de déformations. La masse volumique du bois est également un critère à prendre en compte. Le projet Restwood a permis de quantifier de manière précise tous ces critères grâce à une approche scientifique.


Vous vous inscrivez dans le cadre du projet NEXTERRE porté par NOBATEK afin de valoriser les terres extraites du site. Comment imaginez-vous la gestion de ces terres de remblais en excédent ?

Sous 2 bâtiments (H et G), nous avons des parkings semi-enterrés. La déclivité du terrain nous pousse également à remanier la topographie de manière importante à certains endroits. Le projet NEXTERRE (en association avec Goyetche + Bil Ta Garbi) nous permets de caractériser, cribler et reconditionner des terres d’excavation. L’intégralité des terres propices à être utilisées en tant que matériau de construction (hors terre végétale) seront transmises vers les plateformes partenaires. Celles du site sont propres à priori pour faire du pisé, de la BTC ou des enduits. Nous allons tester de mettre en œuvre des enduits à l’intérieur du bâtiment F.
La terre végétale que nous allons décaper et qui ne sera pas utilisée sur le site sera mise à disposition des riverains à proximité et/ou de la ville.


Le projet prévoit-il la possibilité d’installer à moyen terme des panneaux photovoltaïques sur le site afin d’alimenter les habitations et de permettre la recharge de modes de transports décarbonés ?

Nous nous sommes attachés à développer un projet qui soit le moins énergivore et le plus performant possible en termes d’enveloppe. Nous avons dû faire des choix et la production photovoltaïque n’est pas une option qui a été retenue à ce stade.